Ségolène Royal : le pays attend « le bon deal »

Ségolène Royal : le pays attend « le bon deal »
Plus de performance économique mais plus de justice sociale : c'est l'accord gagnant-gagnant entre les entreprises et la collectivité que prône Ségolène Royal. Pour « Les Echos », la « candidate probable » à l'investiture socialiste pour 2007 parle sans tabou de la flexibilité, des 35 heures, du coût du travail. Sa conviction : le vieil antagonisme capital/travail peut être dépassé.

PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOISE FRESSOZ ET ELSA FREYSSENET



La rédaction web des Echos - 19 mai 2006
France



Ségolène Royal : le pays attend « le bon deal » [ 19/05/06 - 19H08 ]


Plus de performance économique mais plus de justice sociale : c'est l'accord gagnant-gagnant entre les entreprises et la collectivité que prône Ségolène Royal. Pour « Les Echos », la « candidate probable » à l'investiture socialiste pour 2007 parle sans tabou de la flexibilité, des 35 heures, du coût du travail. Sa conviction : le vieil antagonisme capital/travail peut être dépassé.

PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOISE FRESSOZ ET ELSA FREYSSENET

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Depuis 2002, les crises s'enchaînent : le 21 avril, le « non » au référendum, la crise des banlieues, le CPE, l'affaire Clear- stream. Ont-elles un point commun ?
Elles expriment toutes une forme de révolte, le sentiment que les politiques n'assument plus leurs responsabilités, qu'ils sont impuissants à donner des perspectives. C'est extrêmement dangereux. Quand il n'y a plus ce désir d'avenir, la machine à dépression économique s'installe.

Comment rétablir la confiance ?
En commençant par faire confiance à l'intelligence collective des citoyens et des territoires ! Et en ne leur infligeant pas le spectacle d'une fin de règne qui démoralise, abaisse l'image de la France et porte préjudice à son économie. L'optimisme individuel des Français s'accompagne d'un fort pessimisme collectif : ils doutent des capacités et du talent de leur pays.

Ces crises ne traduisent-elles pas la difficulté à accepter un monde qui change de plus en plus vite ?
Accepter n'est pas subir. Chaque révolution industrielle a fini, non sans luttes, par déboucher sur sa contrepartie sociale. Celle du charbon et de la machine à vapeur a apporté les premières lois sociales et la reconnaissance des syndicats. Celle de l'électricité et de l'automobile a conduit à un système global de protection sociale et à une amélioration du pouvoir d'achat des salariés. Nous vivons aujourd'hui la troisième, celle des technologies de l'information et de la communication sur fond de mondialisation accélérée : le vieux compromis fordien est mort mais aucun « bon deal », aucune « nouvelle donne », ne l'a encore remplacé. D'où ce déséquilibre ravageur entre le capital et le travail. Tant que nous n'aurons pas réussi à mettre en place les nouvelles sécurités adaptées aux mutations de notre monde, la peur et la méfiance l'emporteront. Le discours sur le CPE a été d'autant plus mal ressenti qu'il a été porté par ceux qui ne connaissent pas la précarité. Il faut arrêter de donner des leçons qu'on ne s'applique pas à soi-même ou dont on ne voudrait pas pour ses enfants. Sinon le gouffre entre gouvernants et gouvernés se creuse.

Pour préparer un « bon deal », il faut s'entendre sur le diagnostic. La gauche a du mal avec le libéralisme... Et vous ?
Si le libéralisme est ce que Maurice Allais, prix Nobel d'économie, a appelé en termes crus la « chienlit laisser-fairiste », je n'en veux pas. Il peut y avoir dans la libre concurrence des facteurs de progrès si elle est corrigée énergiquement dans ses effets pervers et régulée pour être mise au service du progrès. C'est la mission de la gauche.

Quelles formes doivent prendre les nouvelles sécurités dont vous parlez ?
Elles doivent conjuguer deux formes d'efficacité : économique et sociale. Les entreprises ont d'autant plus besoin d'agilité et de réactivité qu'elles sont directement exposées à la compétition internationale. Les salariés, eux, ont besoin que la transition d'un emploi à un autre soit correctement sécurisée sur le plan financier, avec des formations adaptées et un accompagnement personnalisé. Pourquoi les salariés scandinaves vivent-ils sans drame leur mobilité professionnelle ? Parce qu'ils ont confiance dans l'efficacité de leur service public de l'emploi. Plutôt que l'obsession de démanteler le droit du travail, voilà le type de nouvelle donne dont nous pourrions nous inspirer.

La discussion peut-elle porter sur le contrat de travail ?
A une condition : le CDI doit rester la base, car une société qui se précarise dans ses principes fondamentaux va à la dérive. Le CDI, c'est le droit - fondamental pour tout être humain - à la sécurité d'un salaire et à la dignité d'un métier. Il doit être la colonne vertébrale, et c'est par le dialogue social qu'il faut définir ce qui doit être assoupli, en tenant compte de manière équilibrée des besoins des entreprises, en particulier de celles qui innovent et prennent des risques, et de la dignité des salariés, qui ne sont pas une variable d'ajustement jetable.

Faut-il encourager ces entreprises par des mesures fiscales ?
La première mesure à prendre de manière massive, c'est un statut fiscal très incitatif pour les investissements dans la recherche et l'innovation. Et dans l'environnement, poour toutes les éco-industries.

Quand Peugeot a récemment annoncé la fermeture d'une usine de 2.300 salariés en Grande-Bretagne, Tony Blair n'a absolument rien dit...
Cette absence de réaction fait peur. La parole politique doit être utilisée : elle peut être dissuasive et préventive. Les entreprises ont une responsabilité à l'égard des territoires.

L'Etat doit-il défendre une entreprise lorsqu'elle est menacée ?
Oui. Les Etats-Unis ne s'en privent d'ailleurs pas. Mais il faut être honnête et ne pas interdire ce que nos entreprises s'autorisent à l'étranger. Une OPA peut être positive à condition de correspondre à une synergie et à un projet industriel cohérent.

Que pensez-vous du « patriotisme économique » ?
C'est le détournement d'un mot qui signifie aimer et servir son pays. Pour le gouvernement, qui ne s'alarme guère de la présence massive de fonds anglo-saxons au capital des entreprises françaises, c'est un gadget langagier qui couvre la privatisation de Gaz de France et tourne le dos à la constitution nécessaire de champions européens.

Faut-il s'opposer aux délocalisations ?
Il ne faut jamais s'y résigner.

Approuvez-vous l'attitude du député UDF Jean Lassalle qui a fait une grève de la faim pour empêcher une délocalisation à moins de 100 kilomètres de sa commune ?
Non. C'est un dévoiement de l'action parlementaire et le plus baroque, ce sont les ministres qui y cèdent, même si je ne mets pas en cause la sincérité de Jean Lassalle.

Comment lutter contre la sinistrose ?
Il faut réconcilier les Français avec l'entreprise, en finir avec l'archaïsme des relations sociales. Les entreprises qui défraient la chronique sont celles dont les patrons se comportent de façon scandaleuse. Et puis il y a une confusion malheureuse entre la financiarisation de l'économie et l'entreprise. Quand on parle aux Français des fonds de pension, des masses d'argent volatiles qui se déplacent à la recherche du profit maximum de façon totalement déconnectée de la vraie valeur de l'entreprise, c'est l'image de toutes les entreprises qui en souffre.

Vous pensez que les responsables d'entreprise sont trop payés ?
Il y a des excès, des dérives. Les Français sont choqués quand ils apprennent le montant des stock-options, des indemnités de départ et des retraites chapeaux de certains dirigeants. Ils découvrent qu'à une certaine altitude, l'échec paye, alors qu'ils peuvent, eux, perdre leur emploi sans avoir commis une faute.

Les 35 heures sont-elles pour quelque chose dans la dépréciation du travail ?
Ceux qui disent cela se trompent de diagnostic. Ce n'est pas un peu de temps libre en plus qui détourne du travail, mais plutôt un malaise au travail qui conduit à s'investir ailleurs. Voyez la démotivation des cadres. Elle est liée à l'instabilité, à la pression. La politique de la droite a été profondément destructrice de la valeur travail car elle a érigé en norme la précarité pour le plus grand nombre.

Faut-il assouplir encore les 35 heures pour redonner du pouvoir d'achat ?
Des assouplissements ont déjà été apportés. Peut-être faut-il aller au-delà pour que ceux qui veulent travailler plus puissent le faire, mais je trouve scandaleux les chantages à l'emploi auxquels des entreprises se livrent pour remettre en cause des accords de RTT. Le vrai sujet serait de pouvoir moduler le temps de travail selon les étapes de la vie. Je ne crois pas aux réponses rigides une fois pour toutes mais aux évolutions négociées.

Ce « deal », qui doit le passer ?
Les partenaires sociaux, avec l'aide de l'Etat, garant de l'intérêt général. Cela suppose une plus grande représentativité des organisations syndicales et patronales. Il faudra créer en France un syndicalisme de masse, pourquoi pas par une adhésion obligatoire au syndicat de son choix. Mais on pourrait aussi, selon les sujets, élargir le nombre des interlocuteurs.

Vous voulez passer par-dessus les corps intermédiaires ?
Non, car ils sont indispensables. Mais il faut pouvoir associer les citoyens aux grands choix qui les concernent. Je le fais en Poitou-Charentes lors de forums participatifs sur les grands problèmes de la région.

Les syndicats ne sont pas très chauds.
Ils se méfient du consensus à tout prix, c'est-à-dire souvent à bas prix. Moi aussi. Si je souhaite qu'un syndicalisme de masse se développe, c'est précisément pour rééquilibrer un rapport de forces aujourd'hui très défavorable aux salariés. Mais à une partie de l'antagonisme traditionnel entre le capital et le travail, je crois qu'il est possible de substituer un nouvel équilibre dynamique alliant la performance économique et la justice sociale. Je suis sûre qu'il existe un patronat éclairé prêt à accepter ça.

Laurence Parisot fait-elle partie de ce patronat éclairé ?
Je ne crois pas que le Medef ou la CGPME aient cette réputation ! Je vois beaucoup de chefs d'entreprise qui ne s'y reconnaissent pas. Ils ne font pas d'idéologie, ils se battent et ont compris que des salariés heureux sont productifs.

Y a-t-il un problème de coût du travail ?
Oui, mais pas à cause des salaires, à cause des charges. Il faudrait transférer les cotisations maladie et famille sur la fiscalité. Car la couverture de ces risques relève de la solidarité nationale.

Faut-il augmenter le SMIC ?
Je ne veux pas tomber dans la facilité du « demain, on rase gratis », mais la France des « mille euristes » a beaucoup de mal à joindre les deux bouts. Et avec la hausse des charges il y a de plus en plus de travailleurs pauvres et de familles surendettées. Donc oui, il faut le faire.

Vous avez dit récemment : « Personne ne doit être payé à ne rien faire. »
C'est une façon de rappeler que le travail est le facteur premier d'intégration sociale et qu'en être privé, c'est aussi perdre un sentiment fondamental d'appartenance et, parfois, jusqu'à l'estime de soi. Ceux qui se situent en bas de l'échelle des salaires ont souvent le sentiment qu'il n'est pas juste que d'autres touchent autant avec des revenus d'assistance ; cela nourrit le rejet de l'autre et la hantise du déclassement. Il ne faut pas ignorer cette question par angélisme. Il est exclu de revoir nos solidarités à la baisse ou de se résigner au nombre croissant de travailleurs pauvres, mais il faut dire clairement qu'en contrepartie de toute ressource, il y a un travail ou une formation utile, ce qui est d'ailleurs prévu dans les textes.

Dans votre région, vous conditionnez l'attribution d'aides publiques à divers critères comme la qualité de l'emploi. Cette logique est-elle transposable au niveau national ?
Lorsque je gère les impôts payés par les citoyens, j'ai le souci de ne pas gaspiller. Donc c'est une logique du gagnant pour l'entreprise-gagnant pour la région. Je constate qu'après une période d'étonnement les entreprises jouent le jeu. Au niveau national, c'est parfaitement transposable, cela fait partie de la bonne gouvernance.

D'autres économies sont-elles possibles, compte tenu du poids de la dette ?
Oui. La gauche doit se donner pour objectif de réduire les déficits. Une politique favorable à la croissance l'y aidera, mais l'Etat doit réduire son train de vie, ses gaspillages et ses doublons en misant notamment sur une vraie décentralisation. Un Etat fort qui organise la redistribution est parfaitement compatible avec une décentralisation qui va jusqu'au bout.

Le « royalisme », pour le moment, c'est davantage une méthode que des propositions précises.
Le « royalisme », franchement, ce n'est pas un slogan que je revendique. Je préfère parler de « ségolisme ». Mais chaque chose en son temps. Nous sommes en train de finaliser le projet des socialistes et je ne vois pas pourquoi je devrais aujourd'hui brandir mon propre catalogue. La méthode, c'est essentiel. Voyez le contre-exemple du CPE. Je crois à la nécessité d'un diagnostic partagé avec les Français : cela mérite du temps avant de décider et de passer à l'acte. Il faut ensuite évaluer lucidement, corriger au besoin, admettre qu'une décision politique interagit avec le corps social et que des ajustements sont nécessaires. La rigidité, c'est le meilleur moyen de ne rien changer.

Vos valeurs : travail, famille, patrie...
(Rires). L'association de ces trois mots est choquante et de sinistre mémoire ! Mais revaloriser le travail, défendre les familles dans leur diversité, nucléaire, recomposée, monoparentale, homoparentale, et savoir ce qui nous fait tenir debout dans une même nation, oui, c'est important. Plus la justice et les solidarités, tout se tient.

L'« ordre juste » que vous défendez n'est-il pas un thème de droite ?
Absolument pas. La droite, c'est l'autoritarisme, l'injustice et le désordre qui en résulte. Je défends, moi, un ordre qui procède de la justice et une autorité fondée sur des valeurs partageables. Les règles respectées sont les règles respectables : celles qui s'imposent à tous et pas seulement aux uns pendant que les autres s'en affranchissent.

Ordre juste, sécurité durable, Nicolas Sarkozy utilise les mêmes termes.
Pas vraiment ! Dans les cités où le désespoir et la colère s'accumulent, dans le monde du travail où règne la peur d'être débarqué du jour au lendemain, dans l'ensemble de la société où le « descenseur » social semble inexorablement en marche, à la tête de l'Etat : partout, la droite sème l'injustice et crée le désordre


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# Posté le jeudi 25 mai 2006 20:25

Le "ségolisme", c'est un "bon deal"

Le "ségolisme", c'est un "bon deal"
Le "royalisme" est mort, vive le "ségolisme". Ségolène Royal choisit ce terme pour définir sa méthode. Nul programme dans cet entretien au quotidien économique mais déjà quelques pistes pour définir un " bon deal ", une " nouvelle donne " attendue, selon elle, par le pays.

Alors que ses adversaires de droite et de gauche lui reprochent son absence de fond, la députée des Deux-Sèvres n'a pas l'intention de "brandir aujourd'hui son propre catalogue ". "L'essentiel, pour elle, c'est la méthode". Et sa méthode, c'est "le diagnostic partagé avec les Français", la décision politique puis l'action. "Voyez le contre-exemple du CPE !", dit-elle en fustigeant l'action d'une droite qui selon elle, symbolise "l'autoritarisme, l'injustice et le désordre". A cela Ségolène Royal veut opposer "un ordre qui procède de la justice et une autorité fondée sur des valeurs partageables ". Si elle juge "de sinistre mémoire" l'association des valeurs " travail, famille, patrie ", elle entend bien " revaloriser le travail ", défendre " les familles dans leur diversité " et rappeler " ce qui nous fait tenir debout dans une même nation."

Assouplir les 35 heures

Pour reconstruire un "ordre juste", la socialiste préférée des Français veut rompre le "déséquilibre ravageur" entre "le capital et le travail". "Tant que nous n'aurons pas réussi à mettre en place les nouvelles sécurités adaptées aux missions de notre monde, la peur et la méfiance l'emporteront", explique-t-elle. "Le vieux compromis fordien est mort mais aucun 'bon deal', aucune 'nouvelle donne' ne l'a encore remplacé". Ce slogan rappelera le " new deal " proposé par le candidat Roosevelt aux Américains pour lutter contre la crise économique de 1929.

Pour Ségolène Royal, les nouvelles sécurités "doivent conjuguer deux formes d'efficacité : économique et sociale". Elle n'exclut donc pas une discussion sur le contrat de travail à condition que le CDI "reste la base, car une société qui se précarise dans ses principes fondamentaux va à la dérive". De même, la députée socialiste accepterait de nouveaux assouplissements sur les 35 heures. "Peut-être faut-il aller au-delà pour que ceux qui veulent travailler puissent le faire". Néanmoins, elle juge "scandaleux les chantages à l'emploi auxquels des entreprises se livrent pour remettre en cause des accords de RTT". "Le vrai sujet serait de pouvoir moduler le temps de travail selon les étapes de la vie".

Adhésion obligatoire à un syndicat


Par ailleurs, Ségolène Royal l'affirme : il y a un problème de coût du travail en France "mais pas à cause des salaires, à cause des charges". Elle propose donc de transférer les cotisations maladie et famille sur la fiscalité. Toutefois, selon elle, il faut augmenter le SMIC car "il y a de plus en plus de travailleurs pauvres et de familles surendettées". Mais elle répète que personne "ne doit être payé à ne rien faire", une façon de rappeler que le travail est "facteur premier d'intégration sociale."

Dans une société française dont les crises "expriment toutes une forme de révolte", comment faire accepter à l'opinion une "nouvelle donne" ? Ségolène Royal avance là un diagnostic connu et une proposition concrète : "cela suppose une plus grande représentativité des organisations syndicales". Pour cela, "il faudra créer en France un syndicalisme de masse, pourquoi pas par une adhésion obligatoire au syndicat de son choix."



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# Posté le samedi 20 mai 2006 17:42

Ségolène Royal meilleure candidate pour 50% des sympathisants PS

PARIS (Reuters) - La moitié des sympathisants socialistes considèrent Ségolène Royal comme la meilleure candidate pour représenter le parti à la présidentielle de 2007, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche.

D'après cette enquête, 50% des sondés pensent que la présidente de la région Poitou-Charentes est le meilleur choix, loin devant l'ex Premier ministre Lionel Jospin (14%). Viennent ensuite les anciens ministres Jack Lang et Bernard Kouchner, crédités de 8%, puis Dominique Strauss-Kahn (7%) et Laurent Fabius (5%).

Le premier secrétaire du PS François Hollande obtient 3%, à égalité avec l'ancienne ministre du Travail Martine Aubry.

Ségolène Royal est particulièrement populaire chez les personnes âgées de 35 ans et plus, qui sont 53% à lui accorder leur confiance. Chez les moins de 35 ans, la députée des Deux-Sèvres obtient 44%, contre 15% pour Lionel Jospin et 13% pour Jack Lang.

Les militants socialistes désigneront à l'automne leur candidat pour la présidentielle.

Le sondage Ifop a été réalisé par téléphone du 27 avril au 4 mai auprès de 681 sympathisants du PS.


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# Posté le dimanche 14 mai 2006 12:48

Modifié le mardi 24 juillet 2007 06:42

Sarkozy-Royal : un homme et une femme

Sarkozy-Royal : un homme et une femme
Il est depuis longtemps candidat à la candidature, elle en est devenue une par la grâce des enquêtes d'opinion. Il incarne l'autorité, elle séduit les Français. Il souhaite rompre avec «l'immobilisme», elle est à «l'écoute». Il voudrait représenter «la France d'après», elle le socialisme de demain. Les sondages disent que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont les faveurs des Français.

Ils pourraient former un beau couple. Mais au-delà du fait qu'ils ont déjà chacun trouvé compagne et compagnon, la rencontre de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ne devrait avoir lieu que sur le terrain politique. Car à en croire les sondages, lui à droite, elle à gauche, sont les préférés des Français. Et la dernière enquête dit même qu'en ce moment, les Français ont un petit faible pour l'épouse du Premier secrétaire du Parti socialiste.

Dans le dernier sondage, réalisé les 22 et 23 février, par TNS/Sofres pour le Figaro Magazine, Ségolène Royal gagne trois points et arrive en tête toutes familles politiques confondues avec 52% de bonnes opinions. De quoi faire grincer les dents de Nicolas Sarkozy qui en perd 8 et ne convainc plus que 44% des personnes interrogées. Le président de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) reste tout de même le leader de son camp puisque Dominique de Villepin chute lui aussi (34%) et que Jacques Chirac, même s'il gagne 2 points, demeure très bas (23%).

Du Poitou-Charentes à l'Elysée ?

La cote de popularité mesurée par les sondeurs suffira-t-elle à faire de la présidente de la région Poitou-Charentes l'adversaire du ministre de l'Intérieur lors de la présidentielle de 2007 ? Il est bien trop tôt pour le dire. Il n'en demeure pas moins que le phénomène Royal pourrait être bien moins éphémère que prévu. Si la principale intéressée n'a avoué officiellement aucune ambition élyséenne, elle multiplie les initiatives pour transformer l'engouement dont elle jouit en tremplin. Elle s'est offert un voyage de présidentiable au Chili pour rencontrer la nouvelle chef de l'Etat, Michèle Bachelet. Elle s'est positionnée sur le terrain économique en affirmant adhérer à la politique menée dans certains domaines par le Premier ministre travailliste britannique, Tony Blair, par exemple dans la lutte contre le chômage des jeunes ou l'investissement dans les services publiques. Elle s'est même rendue au Salon de l'agriculture, passage obligé de tout prétendant à des hautes responsabilités.

Petit à petit, l'oiseau fait son nid. Et se rebiffe quand on la présente comme trop novice pour faire le poids dans une élection présidentielle : «Si un homme avait été conseiller du président de la République comme je l'ai été pour le président Mitterrand pendant sept ans, s'il avait été ministre trois fois et élu député quatre fois de suite comme je l'ai été, s'il avait battu le Premier ministre de l'époque lors des dernières élections régionales comme je l'ai fait, est-ce qu'il verrait sa légitimité contestée et sa capacité à gouverner mise en cause ?». Une bonne question à laquelle, de manière inattendue, l'épouse du président de la République, Bernadette Chirac, a apporté une réponse en déclarant que Ségolène Royal était une «candidate sérieuse». Et d'ajouter : «Ses petits camarades socialistes ne lui feront pas de cadeaux mais l'heure des femmes a sonné». Cela voudrait-il dire que, pour les éléphants (Fabius, Strauss-Kahn, Lang... voire Jospin), c'est le glas qui va bientôt résonner ? Celle qui dit «travailler» pour «être prête si le moment arrive» devra attendre l'automne pour le savoir, lorsque sera désigné le candidat socialiste à la présidentielle.

Un sondage ne fait pas une élection...

Nicolas Sarkozy pourrait donc avoir été bien avisé de prendre Ségolène Royal au sérieux. Il serait du plus mauvais effet d'avoir critiqué mal à propos une éventuelle adversaire de la présidentielle. Chaque chose doit arriver à point. Pour le moment, le président de l'UMP a un autre combat à mener. Et celui-ci se situe à droite face à Dominique de Villepin. L'exercice va devenir de plus en plus difficile. Car Nicolas Sarkozy doit paraître solidaire d'un gouvernement auquel il a accepté de participer, tout en réussissant à montrer qu'il peut incarner le changement pour ne pas être assimilé aux éventuels échecs endossés par son principal rival à droite. Parti très tôt, il va devoir durer sans s'épuiser. De ce point de vue, le dernier sondage TNS/Sofres dans lequel Sarkozy perd des points est intéressant puisqu'il montre que malgré son charisme, ses «idées» et son indépendance affichée, il peut être éclaboussé par les gouttes du mécontentement social.

Un sondage ne fait pas une élection, ni une candidature. Nicolas Sarkozy le sait. Ségolène Royal le dit, histoire de montrer qu'elle connaît la chanson politique et qu'elle a du recul. Un sondage, des sondages contribuent, en revanche, certainement à conforter des ambitions ou, parfois, à y mettre un terme.


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# Posté le vendredi 12 mai 2006 17:29

Désir d'avenir...

Désir d'avenir...
Ségolène est à notre écoute !!!! Comme toujours d'ailleur... Pour participé aux forum et en savoir plus cliqué ici

Texte de Ségolène elle même:

"Bonjour, Ce site est un forum participatif. Il est à vous si vous avez envie de participer aux décisions qui nous concernent. Pour avoir commencé à expérimenter la démocratie participative en région Poitou-Charentes que je préside, j'ai acquis la conviction que les citoyens, lorsqu'un problème est vécu ou lorsqu'un progrès est espéré, sont des "experts" légitimes de la question posée.

Ecouter pour agir juste, telle est la raison pour laquelle j'ouvre ce forum. Dans un monde de plus en plus complexe mais aussi informé, chacun détient une part de vérité.
Agir, c'est être au clair sur les principes d'action pour mieux imaginer l'avenir, essayer ce qui réussit et s'ajuster en permanence.

Des débats de fond sont ouverts sur le forum "Désirs d'avenir" pendant une première séquence de temps à l'issue de laquelle est faite la synthèse des échanges. Les idées qui en résultent et qui me paraissent réalisables sont alors affichées sur le site afin que vos prises de parole soient fructueuses."

Cordialement

Ségolène Royal

P.S.: Venez nombreux

# Posté le lundi 08 mai 2006 20:37